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La partouze 1983
Je vise, je pointe, et je manque la cible. Je sue à grosses gouttes, cela devient pénible. Surtout que là, tout près, un autre en fait autant. Il geint, remue, se plaint, enfin, il fait l'enfant. Que peut-on faire alors devant un tel débat, Converser, rigoler, partager nos émois, Plier tout, tout ranger, et retourner chez soi, Laissant là la partie, jurant qu'on reviendra ? Sitôt dit, sitôt fait. On s'en retourne au bar, Consommer, se saoûler, rajuster nos bénards. Il faut, après ce coup, faire bonne figure, Même si cela s'arrête au niveau de la ceinture. Mais au fait, après tout, elles étaient là aussi. Nous n'étions pas les seuls à être ramolis. Il leur fallait crier, pousser, mieux nous supporter, Proposer, inventer, enfin, participer. Et si j'ai bien compris, elles en avaient envie, Mais n'étaient pas en forme, fatiguées, elles aussi. Et puis que faisait donc, planté là, à deux pas, Cet arbitre impuissant, son sifflet dans les doigts? Muet comme une carpe, ses roulettes figées, Râlant contre son sort : aurait préféré jouer. Enfin, quoiqu'il en soit, un arbitre comme cela, Lors du prochain débat, pourra rester chez soi. Prochain débat, vous dites? Cela est arrivé. On peut même ajouter qu'il s'est pas bien passé. Profitant ce jour là de l'absence du juge, D'un bien mesquin prétexte, en l'occurence la murge, Voilà pas que soudain l'adversaire se dérobe, Pratiquant l'anti-jeu, se disant sexophobe. Tactique, manoeuvre, ficelle de championnat? Nenni! Point! Fi! Elles firent simplement ça Pour donner une leçon. Voyez le résultat : La première s'insurge et voit le mâle partout, S'inquiétant qu'on ne soit jamais assez jaloux. La seconde, attristée, ne cesse de faire la tête, Sachant qu'elle est passée à coté de la fête. L'arbitre, recyclé, n'attend plus à présent Que pour en faire autant, arrivent d'autres Jean. Quant à nous, dépités, on se demande encore, A quand la bonne occase des folies de nos corps.
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