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11 J’attendis donc patiemment que les six mois s’écoulent avant de retourner auprès de Bel. Je m’organisai cette fois pour rester les six mois autorisés auprès d’elle dans ce village brésilien que j’avais
choisi comme cadre de vie. Nous nous installâmes dans une maison louée par un voisin du père de Bel. Cette maison pour le moins rustique, se situe au milieu du village, en bordure de la voie principale, face à la rue où se tient l’unique
pizzeria du village et la pousada naturiste. Pendant ma présence en France, il me vint, je ne sais d’où, l’envie de peindre. Je fis plusieurs tentatives désastreuses avant d’utiliser les pastels pour faire des portraits. J’y trouvai un grand plaisir et la
satisfaction de voir le temps s’écouler rapidement. Arrivé au Brésil, lorsque l’inspiration pour mon prochain roman me manquait, je continuai de faire des portraits des gens du village. C’est pendant cette activité, pratiquée à la fenêtre qui donne sur la rue, que le propriétaire de la pizzeria vint me parler et m’annoncer
qu’il louait son local. J’allai visiter les lieux en compagnie de Bel. Il y avait là un espace couvert où on pouvait disposer trois ou quatre tables, devant un bar, un espace en plein air suffisament grand pour y disposer une dizaine de tables, une cuisine propre récement rénovée et non terminée, un espace fermé où se situaient les WC et l’entrée d’une chambre avec toilettes et douche. Il louait le tout pour une somme qui me semblait raisonnable mais à condition de venir habiter dans cette chambre pour ne pas avoir à payer
deux loyers. Ni Bel ni moi n’avions l’expérience d’un restaurant, mais j’avais confiance dans ses talents de cuisinière. Elle savait adapter la cuisine bahianaise avec le peu d’idées de la cuisine française que je connaissais. Nous voilà donc partis dans une nouvelle aventure qui commença en pleine saison touristique, fin décembre, peu de jours avant le réveillon du
premier de l’an. La recherche de la meilleure technique pour faire une pizza qui me plaise (je suis très amateur) aboutit à ce que Bel réussisse à recevoir des compliments chaleureux de la clientèle, comblée aussi (et là c’est un
comble !) par les plats de viande que je préparais moi-même !!!!. Restaurateur fut donc notre nouvelle activité. Le plaisir de voir la clientèle apprécier notre cuisine aux saveurs mixtes franco-bahianaises fut vite gâchée par les difficultés rencontrées pour aller à l’hypermarché à l’entrée de Salvador : deux heures et demie de car pour aller, autant pour revenir, souvent debouts, serrés les uns contre les autres dans une chaleur étouffante. Ajouté à cela l’attente d’une voiture qui vienne nous chercher à la station service pour faire les six derniers kilomètres de la route de terre pour
aller au village. Puis notre plaisir fut définitivement absent le jour où nous comprimes que le propriétaire nous avait appâté en nous promettant la chambre où nous devions habiter. Il changeât d’avis après la signature du contrat concernant le restaurant et j’entrai en conflit ouvert avec lui. _________________________________________________________________________ 12 C’est donc dans une situation délicate que je laissais Bel, toutefois aidée par un de ses frères, pour s’occuper de ce restaurant. Mais cette expérience eut une conséquence très importante : dans la difficulté, nous comprîmes que nous étions très attachés et prêts à affronter d’autres obstacles que la vie ne manquerait pas de nous semer
sur le chemin. Il y eut tout d’abord cette nouvelle tant attendue d’un éditeur intéressé par mes livres. S’il m’annonçait tout de suite que le second était meilleur que le premier, il acceptait d’éditer les deux dans l’ordre
dans lequel je les avais écrits. Voilà enfin un premier résultat positif de tout mon travail et de toutes mes démarches depuis... depuis ? Depuis toujours ! Ce fut la première annonce d’une porte qui s’ouvrait sur un avenir correspondant à mes désirs
les plus ancrés. Je
concluais donc en prenant rendez-vous avec lui lors de mon retour en
France. Dans le même temps, un autre évènement, une conversation avec Bel, allait définitivement changer le cours de ma vie, ou du moins de ce qui en reste. _ Tu me dis que tu souhaiterais vivre ici, avec moi, que ton plus grand regret est de ne pas avoir d’enfant. Alors pourquoi ne fais-tu pas le nécessaire pour en avoir un maintenant, pourquoi continuer à prendre
des précautions qui vont à l’encontre de tes projets ? Le lendemain je lui annonçai que désormais je ne prendrai plus de précaution et laisserai la nature faire son oeuvre, à la grande joie de Bel qui me montra combien j’avais eu torts d’attendre. Encore une fois, l’heure de la séparation sonnait et, naturellement, celle-là fut pire que toutes les autres réunies. ______________________________________________ 13 Je signai les contrats avec mon éditeur. Le premier livre « Je dois partir » devait sortir au cours du premier trimestre 2008 et le
second au cours du deuxième trimestre. J’imaginai déjà comment j’allais faire la promotion de ce second livre au style proche de ce que je voudrais faire. En faisant la promotion de ce second livre, je pensais relancer les ventes du premier dont il m’apparaissait évident que les lecteurs de « Les lendemains qui chantent » (environ trois cents exemplaires) l’achèteraient pour savoir comment j’évoluais dans mon écriture puisqu’aucun écho
défavorable ne m’était parvenu, bien au contraire. Parallèlement, je commençai à écrire le suivant dont le sujet ne me laisse aucun doute sur les polémiques qu’il soulèvera. Alors, au cours d’une des nombreuses communications téléphoniques avec Bel, la plus magnifique nouvelle tomba : j’allais être père. Il me fallait donc désormais envisager et organiser mon avenir en fonction de cette naissance. Paradoxalement, au cours de ma vie, j’ai souvent répondu à ceux qui me disaient qu’il était temps pour moi d’avoir une descendance, que je n’en avais pas les moyens, que je voulais que mes enfants ne manquent de
rien. Hé bien le destin a veillé et ironiquement m’a donné le statut de père au moment où ma situation financière était la plus déplorable et
allait en s’agravant. Le résultat de la vente de mes livres qui ne me reviendrait qu’au début de 2009, la nécessité de donner un toit et à manger à ma nouvelle famille durant l’année 2008, la fin de l’année 2007 avec un voyage au Brésil a effectuer, furent autant de problèmes à penser et résoudre, mais bon sang, que le jeu en valait la chandelle ! __________________________________________________ 14 Les dates des évènements que je raconte sont de plus en plus proches de celle à laquelle j’écris le texte. Le passé rattrape le présent, et le récit d’aujourd’hui va bientôt devenir le journal de bord de
demain. Comme je l’ai souligné dans le paragraphe précédent, je sentais que l’année et demie qui se profilait, disons jusqu’à fin 2008, serait très difficile. Même si je ne me trompais pas, je n’imaginais pas que ce
serait pire que prévu. La construction de la maison commença dans la joie et les travaux avancèrent en même temps que le ventre de Bel s’arrondissait. Les perspectives de la vente des terrains sur laquelle j’avais basé mes emprunts, s’éloignèrent, me montrant l’urgence de procéder à un réaménagement du budget prévisionnel. La maison restera donc sans crépit (extérieur et intérieur) et sans carrelage. On allait vivre dans le brut ! Vraiment, ce n’était pas
bien grave. Plus préoccupantes étaient les prévisions de l’accouchement. Cependant, je découvris que le Brésil était bien organisé pour offrir la gratuité à l’accouchement ainsi qu’aux pré et post natal, dans de bonnes
conditions de soins. Je m’adaptais donc à toutes ces informations et ces décisions à digérer en vue des échéances importantes qui s’annonçaient. Alors l’innatendu vint mettre un gros grain de sel dans des prévisions déjà difficiles à mettre en place. Logé chez le père de Bel, Juvenal, celui que j’ai connu et apprécié depuis le premier jour passé à Massarandupio avec mon regretté ami Jack, je découvris un aspect de sa personnalité que je ne soupçonnais pas. En fait, je découvris que ses penchants pour l’alcool lui donnaient l’occasion de montrer de l’agressivité en général, et avec sa femme en particulier, ceci dans un domaine uniquement verbal mais très désagréable et gênant pour l’étranger
invité que j’étais, même si j’avais endossé le titre de gendre. Je constatai que des réunions de famille étaient organisées auxquelles participaient seulement les enfants et les parents. Je constatai aussi une attitude étrange de la part des membres de la famille à la sortie de ces
réunions. On commença de me parler de la personnalité de Juvenal, de sa jalousie maladive... jusqu’au jour où il ne fit aucun doute pour moi que sa mine renfrognée et le fait qu’il ne me réponde pas en rentrant de la plage, était dû au fait que j’étais en train de discuter avec sa femme dans
la rue du village. Lorsque je fis part de mes doutes à Bel, elle annonça discrètement à ses frères et soeurs et à sa mère que j’avais trouvé tout seul la clé du problème qui pourrissait la vie dans la maison. _______________________________________ 15 Les discussions avec mon beau-père furent âpres et le ton n’eut plus rien de commun avec celui qui accompagnait nos retours rieurs de la plage. Ainsi il voyait en moi un être assez immonde capable de profiter de son absence pour avoir des relations avec sa femme ?! Et ceci dans le dos de sa fille qui allait me donner un fils ?! Les limites étaient dépassées. Il insista vivement pour dire que je n’y étais pour rien, que l’attitude de ma belle-mère avait changée, il la voyait trop souvent rire en ma compagnie. Je restai néanmoins attéré et, à un mois de l’accouchement, il me fallait prendre une décision pour éloigner Bel
d’une situation dont elle souffrait et qui la faisait pleurer de honte. Une voisine accepta de me louer une grande maison voisine de celle Juvenal, et nous nous réfugièrent dans ce lieu durant le dernier mois de sa
grossesse. Ajouté aux problèmes causés par le propriétaire du restaurant que nous louions et qui voulait récupérer son espace avant la fin du contrat, ainsi qu’à ceux de la construction de la maison où je me tuai pour creuser une fosse, (je dois être le seul du village qui tomba sur du rocher), cette période m’usa physiquement et psychiquement. Lorsque Bel quitta Massarandupio pour Salvador où elle alla accoucher, je passai la dernière semaine à installer une conduite d’eau depuis la maison d’un voisin, et connecter notre circuit électrique à celui
d’une belle soeur, notre plus proche voisine. Le vendredi 30 novembre Pedro Jorge naissait, et le dimanche je faisais la route pour la capitale de Bahia et récupérer ma famille. Depuis la maternité jusqu’à la favela de Mussurunga où la même belle-soeur était propriétaire d’un appartement occupé par le plus jeune frère de Bel, nous profitâmes des services d’un voisin et de sa
voiture. La nuit du dimanche au lundi fut une grande bataille avec les moustiques à une époque où la presse locale commençait de parler de ce qui allait être la pire attaque de dengue de l’état depuis l’apparition de ce fléau.
_________________________________________________ 16 Décidé de procéder à l’enregistrement de la naissance de Pedro Jorge pour ne pas avoir à revenir dans le centre de Salvador, nous nous levâmes tôt pour avoir le temps de l’emmener au poste de santé pour se rassurer sur ses urines. Alors commença une journée marathon avec ce bébé collé contre moi, dans la poussière, le bruit et les secousses des bus. Pour son enregistrement qui ne dura que quelques minutes, le voyage nous ramena à la favela de nuit, à huit heures et demi, épuisés, avec des
moustiques assoifés aux attaques incessantes. Le mardi, avant de reprendre le chemin du retour dans la voiture du beau-frère, un arrêt au poste de l’administration concernée s’imposa pour mettre
fin à tout risque de nouvelle chartérisation. Les conditions du voyage et les tâches et situations que je venais d’affronter ne me permettaient pas encore de réaliser que j’étais
papa. Mais le sourire de Bel me le rappelait à chaque instant. Nous entrâmes dans notre maison brute de parpaings et de béton le 28 décembre
2007. Les semaines et les mois qui suivirent furent difficiles sur le plan santé. Ce fut comme si ça avait été moi qui avait accouché. Puis, en Avril, mon premier livre fut édité par une société d’éditions. En quelques mois, j’étais père et auteur, deux titres après lesquels je courais depuis tellement longtemps ! _______________________________________________________________________ 1 Alors, les voix de la raison s’élèvent pour rappeler les lois que l’humanité entretient et dicte à ses sujets indisciplinés : Etre
père signifie avoir une bouche de plus à nourrir ! Etre
auteur te rapporte quoi financièrement ? Je sais, je sais, aimer, être heureux, se marier, avoir des enfants... autant de budgets contraignants qui méritent d’être soigneusement étudiés
avant de prendre les bonnes décisions. Pauvre humanité qui ne peut avancer sans argent. Mais au fait, comment l’humanité peut-elle être empêtrée dans des problèmes d’argent
puisque c’est elle-même qui le fabrique et le gère. Il y a là un sujet qui ne manque pas d’intérêt et qui réserve bien des surprises quand on l’étudie un peu (Alerte !). Donc les biberons seront donnés au sein de Bel qui fournira aussi ses bonnes pizzas en lieu et place des petits pots à l’européenne. Non ? Les pizzas ça le fait pas ? Alors, pour enfin donner corps au choix du
titre, ce sera feijao matin et soir. Au fait, si tout le monde sait comment se présente une langouste, peut-être devrais-je enfin dire (si ce n’est déjà fait) que le feijao est un plat de haricots avec un mélange de viandes, un peu le style cassoulet, mais loin du goût des nôtres et de leurs morceaux confits, faut pas rêver
non plus. Donc, me voilà avec deux titres supplémentaires et toujours à la poursuite des moyens d’y subvenir. Et comme certains pourraient peut-être s’imaginer que cela ne me suffit pas, je vais immédiatement les satisfaire : en signant avec l’éditeur l’accord sur deux livres, nous avons décidé de les éditer dans l’ordre de leur écriture, « je dois partir » en premier et « rassemblez-moi » en second, ce qui est également l’ordre croissant dans le classement par ordre de qualité selon l’avis général. Donc, je ne serai pleinement satisfait et prêt à lancer ma carrière d’écrivain que lorsque le second sera dans les bacs, ce qui était prévu contractuellement aux alentours du second trimestre 2008. ________________________________________ Mais comme vous le savez, ce qui est prévu..., même contractuellement... J’attendrai donc le printemps 2009. Je dois reconnaître que c’est moralement usant de dépendre des volontés des autres, surtout quand on a
tout fait correctement. Ma vie est une dure lutte, refrain bien connu. Alors ? Hé bien continuons : un quatrième livre est dans les mains de quelques personnes de confiance dont j’attends l’avis, un
cinquième est en cours. La difficulté pour trouver une ambiance calme propice à une bonne concentration est compensée par le plaisir de voir évoluer celui qui fout le bordel autour de moi : Pedro Jorge, mon fils. La vie est dépouillée, à nue, fragile, luisante de simplicité, réduite à la richesse de l’essentiel. Je suis en train de retrouver mes bases et d’effectuer quelques corrections pour gommer les défauts qui m’empêchaient
d’y voir clair. Depuis longtemps convaincu que notre système de vie n’avait rien de logique face à l’identité profonde de l’être humain et à ses ambitions, le fait de me confronter à une culture différente m’a fait
mettre le doigt sur les règles générales négatives qui nous sont imposées. Les choses se mettent en place, lentement, mais sûrement. Peut-être, si j’avais été plus patient, aurais-je été servi plus tôt. Que voilà
une formule qui me fait réfléchir. Les preuves m’arrivent par bribes, mais elles sont irréfutables : c’est parce que j’ai décidé d’aller au fond des choses qui me
tenaient à coeur que j’ai enfin senti le vent de la réussite. Maintenant reste pour vous, lecteurs, à découvrir ce que signifie "réussir"
dans mon langage. Il n’est pas nécessaire que je vous l’explique. La réponse que vous fournirez sera la vôtre, c’est celle qui fera que vous continuerez de
me lire ou non. Je parlais du passé qui rattrapait le présent, mais le présent c’est vous qui me lisez, il est donc normal que vous soyez désormais impliqués. Mon présent n’est-il pas de vous faire parvenir ma prose par internet ? Alors je mange du feijao, j’ai un moteur dont deux cylindres se reposent, quatre roues et un volant pour aller à la plage avec ma famille, je dors au sec, j’ai l’eau courante et l’électrécité,
un fils qui me déconcentre quand j’écris, une femme adorable, et vous me lisez. Quel pied ! dommage que vous ne soyez pas cent mille ! Pourquoi ? Parce que, pour moi, le mot "réussir", aussi idéaliste que vous pourriez l’avoir imaginé, n’en inclut pas moins les paramètres
matérialistes qui vous font fonctionner. Voyons : cent mille lecteurs, un euro chacun... Vous m’avez compris. Bon, alors comment vit-on ici, quand on n’a plus assez d’argent pour manger de la langouste au restaurant et qu’on en est au stade où les pêcheurs l’apportent à la maison comme cadeau d’amitié ? Il y a quelques éléments de réponse sur le site. Je m’aperçois d’ailleurs que je suis en retard sur cette page. _______________________________________ Depuis quelques semaines, on m’a attribué un nouveau titre dans la communauté, ou plutôt dans celle des naturistes : je suis le vice-président de l’association qui gère la plage. Beaucoup de travail reste à faire pour améliorer le bien-être des visiteurs : douches, surveillance, toilettes correctes, organisation d’animations, jeux... Il y a cependant dans ce rôle un coté policier qui ne me plaît pas. Mais bon, j’ai accepté pour voir si je pouvais aider. L’été est arrivé avec ses fortes chaleurs, et la période du carnaval va commencer. Encore une fois le Brésil va changer ses habitudes pendant ces fêtes qui voient un mouvement de masse important vers les grandes
villes où les défilés sont grandioses. Salvador est un de ceux-là. Je ne suis pas très inspiré cette semaine car de plus en plus agacé par le manque de nouvelles de la part de mon éditeur sur la sortie de mon prochain livre, ainsi que sur celui que je viens de lui envoyer. C’est
pourtant là que j’ai fondé tous mes espoirs. Le suivant est déjà en cours avec une dizaine de pages écrites. Etant coupé du monde télévisuel (journaux télévisés, émissions de variétés, jeux...),mes centres d’intérêts se sont portés sur internet. Je n’y perds pas au change, c’est du moins mon impression. Je constate cependant qu’en allant à différentes sources que l’on pourrait imaginer complémentaires, on trouve les mêmes faits et les mêmes analyses. C’est un peu grossier comme information formatée. 20 Le carnaval a vidé les rues, rangé ses tenues d’apparât, laissé dans les têtes les musiques dont les radios et les télévisions se feront l’écho. Les maux de têtes provoqués par les excès de bière attendront d’autres occasions pour se manifester, les statistiques sur la délinquance et les agressions annonceront une diminution, et la vie se fera de nouveau normale, à la poursuite de l’argent laissé dans les festivités. Salvador annonçait quatre cent mille visiteurs. Ici, au village, ce fut un camion crachant de la musique aux rythmes bahianais entrainants, précédant les habitants du village amusés de voir certains hommes de leurs famille déguisés en femme, comme c’est la tradition ici. Le terme utilisé pour nommer ces travestis d’un soir est « xoxotas »,
phonétiquement « chochotas ». Qui a influencé qui ? Je
suis en attente du « bon à tirer » de mon prochain roman. On
avance, doucement, mais on avance, et il y a encore un peu d’essence. Je suis impatient d’avoir le feu vert pour préparer la promotion de ce roman dans les villes où l’action se déroule. Hormis Argenton sur Creuse dont je suis originaire, il s’agit entre autres de Limoges, Montauban, Toulouse, Béziers, Tarbes, Bayonne, La Rochelle, et surtout Clermont Ferrand, où je conte une anecdote réelle qui me permettra peut-être de retrouver quelqu’un...trente sept ans plus tard. ____________________________________________
Je viens de faire un saut fantastique dont l’idée (changer de vie) date maintenant de dix ans. Il y a dix ans, je décidais de tout mettre en oeuvre pour m’orienter vers une vie proche de mes passions. La date de départ que je m’étais fixée à l’époque était le premier janvier 2000, pour être sûr de me la rappeler... et je m’étais donné dix ans pour réussir. Je n’en suis pas loin, mais la date limite approche. Ce saut fantastique ne m’a pas seulement fait franchir l’océan atlantique, chose non prévue au départ. Il m’a donné une famille, m’a ouvert les yeux sur toutes les contraintes inutiles que ma culture
m’imposait. Je cite souvent un exemple qui montre une incohérence de notre monde et la force de ceux qui en dictent les règles. Avant, des familles avaient faim et soufraient pour subsister. Aujourd’hui, ces mêmes familles ont les mêmes soucis, mais avec la télévision à la maison et le portable à l’oreille. On les laisse avec le ventre creux, mais on prend soin de leur permettre de recevoir la bonne parole en leur soutirant un peu d’argent. Pour effectuer un tel saut, il est bien sûr important de prendre un bon élan : les conditions matérielles, et un mental qui répète en permanence qu’on est capable d’atteindre l’autre rive. Quand on a juste de quoi entretenir l’espoir, il faut se concentrer pour au minimum poser ses mains sur l’autre versant et s’agripper. Ensuite, passer ses jambes, son corps et, dans un dernier effort, se relever et continuer son chemin. Se relever, voilà ce que je suis en train de faire, et tous les risques de basculer en arrière dans le vide sont encore là. Merci à ceux qui m’ont aidé, et à ceux qui le font encore aujourd’hui. Cet aide, aussi minime soit-elle, ajoutée à celle des autres, me permet
d’envisager la position debout et surtout me donne l’équilibre mental
pour ne pas retomber en arrière. Merci donc à ceux qui se reconnaitront et que je ne manquerai pas de recevoir avec plaisir dans le monde que j’ai décidé de me construire, où la simplicité, l’honnêteté et le respect ne sont pas dictés par une quelconque doctrine ou règlementation de club (religion, secte...) mais par les ambitions naturelles et profondes que chaque être humain entretient au fond de soi. _________________________________________________________________________ 22 29 Avril 2009Me voilà de retour après bien des déboires informatiques : disque dur mort avec pratiquement rien de sauvegardé, sinon les photos de mon fils envoyées aux amis et gardées dans les messages envoyés de hotmail. Aussi, n'utilisant plus les mêmes logiciels pour éditer mon site, il est possible que quelques imperfections apparaissent. Je compte sur vous pour me tenir au courant. Donc LA grande nouvelle est la sortie de "Rassemblez-moi" le 1er Mai. Je vais très bientôt construire une page pour montrer le programme que je souhaite mettre en place à partir du 1er Juin qui serait la date idéale pour promouvoir avant le début des vacances. Cette étape là de ma vie m'apparait aussi importante qu'excitante. Bien sûr ,je sais que je n'y arriverai pas seul, qu'il va me falloir compter sur de l'aide, sur votre aide. J'ai besoin d'idées pour trouver des partenaires. En ce début d'hiver brésilien (28° alternance de soleil et pluie), mes plans se construisent dans le début d'été français. ____________________________________________________________________________ 23
Elle est chaude celle là!
Au mois de mars notre président se rend au Mexique où entre autre il signe un contrat pour la construction d'un centre de fabrication de vaccin pour la grippe, et un mois après, des dizaines de pays achètent des vaccins pour lutter contre un nouveau virus de... grippe dont l'épicentre est... au Mexique. Et personne ne tousse! Restez chez vous, fait pas bon sortir! qu'ils disent. source: sur google tapez mexique grippe vaccin... vous ne tarderez pas à trouver le nom du labo! ____________________________________________________________________________ 24
La
pluie douce et continue provoque de forts ruissellements qui entrainent
le sable vers le rio gonflé à bloc. En quelques jours ce
qui s'appelle hiver ici est arrivé avec son humidité qui
envahit les murs. Mais les températures avoisinent
toujours 25°, 28°, 30° quand le soleil se montre, et
ne descendent pas en-dessous des 25° la nuit.
Les conséquences de cette humidité sont les mêmes qu'en France: les vieilles douleurs reviennent, les raideurs se déplacent comme on dit. Dans le village, la politique fait des siennes, et les habitants, divisés, s'animent dans des réunions de plus en plus nombreuses. Chaud Brésil à cette époque où la pluie se mélange à la sueur sur les peaux. Du coté de la promo de mon bouquin en France, on avance. Je pense qu'on va bientôt pouvoir donner des dates. ____________________________________________________________________________ 25
Sur
les chemins des projets qui ont la couleur des rêves, les
barrières s'ouvrent plus facilement. Les forces qui les poussent
prennent source au plus profond de nous qui désirons les ouvrir,
et touchent ceux qui en ont les clés au plus profond
d'eux-mêmes.
Je vais réaliser un rêve, sous mes yeux, sous les vôtres. Depuis dix ans que j'ai décidé d'écrire, je vais aller présenter un livre que je crois capable de satisfaire les lecteurs qui veulent simplement se distraire au cours d'un bon moment de lecture. Et parce que j'y crois, je suis très fort. J'ai besoin de cette adhésion parce que je compte bien continuer d'écrire d'autres histoires, et pas forcément drôles, pas forcément distrayantes. Depuis X années que je désire un fils, je vais présenter le mien aux amis, à la famille, et je vais montrer à sa maman que j'aime combien il est agréable de découvrir la vallée de la Creuse, les étangs de la Brenne, les vagues de maïs dans les collines du gers, la douceur des bords de la Dordogne, la brique rouge de Toulouse et les quais de la Garonne, l'harmonie des Pyrénées, tout ce qui m'a nourri culturellement en France et que je ressens mieux ici, au bord de l'océan, expatrié au soleil, muni de l'essentiel qui me permet peut-être de mieux en parler. Un gros clin d'oeil à ceux qui m'ont aidé et ceux qui vont bientôt le faire, et... ... à tout de suite, nous arrivons! ____________________________________________________________________________ 26
Bien arrivés, pour l'instant le programme est suivi et le rêve commence...
____________________________________________________________________________ 27
Et
quel rêve! Comme vous avez pu le constater, j'ai mis du
temps à me réveiller. Quelques problèmes
techniques avec internet m'ont retardé dans mon envie de revenir
vers vous. Mais je ne vous ai pas oubliés. Impossible,
après toute l'aide qui nous a été donnée.
Coté voyage, au-delà des espérances, puisque nous avons visité des endroits rajoutés au programme. Le seul endroit que les circonstances nous ont obligé de laisser de coté fut La Rochelle. Ce sera pour la prochaine fois, n'en doutons pas, histoire de montrer à Bel et Pedro la ville où sévit le fameux notaire de "Rassemblez-moi". Ce qu'il faut retenir de cette aventure est que je suis "l'écrivain des campings", car c'est en proposant mes livres dans ces endroits que nous avons pu tenir la route financièrement. Ca me va, tout me va, et ça ira encore mieux quand mon prochain livre sera sorti. Il est terminé et je vais bientôt le proposer aux éditeurs. A suivre donc. Quant au suivant, il est en cours avec une histoire exclusivement brésilienne, inspirée par ce qui m'entoure ici. Au delà de ceux qui me suivent depuis déjà un bon moment, je salue les nouveaux qui m'ont découvert à travers mes ouvrages et qui m'ont encouragé avec des mails bien sympathiques. Le retour au Brésil est un peu mouvementé avec beaucoup de démarches administratives à faire pour enfin se marier, enfin obtenir le titre de résident permanent (je n'aurai plus droit aux charters!), et puis les travaux dans la maison et dans le jardin pour permettre à Bel de faire pousser les légumes et les fleurs dont elle a ramené les graines. Bientôt ça va sentir la lavande! Alors, vous savez ce qui manque maintenant? De vous voir me rendre une petite visite, bien sûr, et les premiers sur la liste sont en train de boucler les valises, les veinards. _____________________________________________________________________________ 28
Les veinards auxquels j'ai fait allusion dans mon message précédent sont en ce moment même en train de profiter de leurs derniers jours dans cet endroit paradisiaque. Ceci ne siginifie pas que tout est paradisiaque, si tant est que l'on puisse tous se mettre d'accord sur la signification de cet adjectif. Alors on dira qu'au milieu d'une nature offrant des cliché paradisiaques dans le sens où la majorité des gens l'entend (océand bleu au reflet vert, chaud, température élevée, même la nuit, soleil, cocotiers, dunes de sable blanc, plages désertes...) il faut rajouter pour ceux qui aiment : tranquillité, douceur de vivre propre à oublier les problèmes existants, plaisir de découvrir un peuple et sa culture, d'autres habitudes, façons de faire, raisonnements devant les difficultés de l'existence qu'on nous impose... Mais ceux qui cherchent dans cet environnement les restaurants chics, les boîtes de nuit huppées, les croisières en puissant inboard... mieux vaut remettre son nez dans les catalogues des agences de voyages. Mais une bonne caipiriha aux couleurs d'un fruit local, dégustée en écoutant les accords d'une guitare brésilienne.... A vos budgets pour un séjour à la plage naturiste de Massarandupio, à Bahia. Pour les "textiles", il y a les mêmes plaisirs, seules les marques du bronzage diffèrent. _____________________________________________________________________________ 29
De
retour à un fonctionnement d'internet encourageant (seulement),
je me suis construit un blog titré
"Naturisme-Brésil-Massarandupio". Depuis deux jours qu'il est
créé, je le cherche toujours sur Google. Patience ou
fausse manip? J'attends quelques jours pour voir.
_____________________________________________________________________________ suite lire la première partie
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