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Langouste ou feijao (suite 4)

Il ya des anecdotes qu'on hésite à raconter tant elles sont incroyables et on imagine que nos interlocuteurs vont peiner à nous croire. C'est le cas pour celle qui suit.
Il y a plusieurs mois (7 ou 8), j'ai perdu mes lunettes de soleil aux verres correcteurs. Depuis, je me sers de lunettes achetées aux camelots, pas chères,  pas terribles, suffisament grandes pour pouvoir les superposer à mes lunettes de vue, surtout pour conduire. Mon fils m'en a cassé 2 paires, et j'en ai perdu une. Il faut dire que j'y prends moins garde que celles qui corrigeaient mon défaut de vue et que je considérais définitivement perdues pour les avoir tombées dans la mer .
L'autre soir, en revenant de la barraque sur la plage avec Bel, à environ trois cents mètres de l'endroit où elles avaient disparues, la marée montante nous les a littéralement déposées vingt mètres devant nous. Incrédules, mais n'ayant aucun doute sur le fait que c'était bien les miennes, vues les nombreuses réparations qu'elles ont subies, nous avons pris beaucoup de plaisir à constater le doute de ceux à qui on racontait cette histoire incroyable, vues les tonnes de sable que les marées ont remué depuis le jour de la perte.
Et puis, les déposer devant nous, au moment où on passait... Deux minutes avant ou après et le sable les aurait de nouveau cachées.
Et vous, vous en pensez quoi?

Peur sur le littoral. 21/09/2011
En arrivant à la clinique du centre commercial de Lauro de Freitas, à l'entrée nord de Salvador, je me doutais bien qu'il nous faudrait attendre avant d'être vacciné. C'était sans compter que cette clinique était la plus proche pour ceux qui viennent du littoral nord, et aussi que le vaccin que nous venions chercher était le plus bon marché par rapport aux autres centres de vaccination:75 reals soit environ 34 euros.
Il y  avait là de nombreux habitants de Massarandupio, et des villages voisins Porto do Sauipe et Subauma. Comme nous, certains étaient venus avec une petite boite de polystirène pour emporter des vaccins à ceux qui étaient restés au village. Montrant la carte d'identité des absents pour qu'ils soient enregistrés comme ayant reçu la vaccination contre la méningite, car il s'agissait bien de cette maladie qui venait de faire trois morts et quatre comas dans les rangs des employés du grand centre touristique voisin où beaucoup de jeunes d'ici travaillent.
Voilà donc comment, arrivés à neuf heures du matin nous sommes ressortis à deux heures de l'après-midi après avoir attendu qu'un colis de vaccins nous arrive de l'aéroport tout proche.

Difficile de ne rien écrire sur le rugby pendant cette coupe du monde. Selon les horaires des matches, il faut se lever à 3h et demi ou cinq heures et demi du matin pour y assister  et même si il y a une rediffusion l'après-midi pour ceux où la France participe, c'est comme la formule un, rien ne vaut le direct.
Ce matin, j'ai donc assisté à notre première confrontation sérieuse dans ce tournoi, je veux parler de la rencontre contre les all-blacks. J'ai repensé à quelques lignes que j'avais écrites lorsque je m'investissais pour cette passion plus qu'en m'allongeant dans un canapé devant la télé.
Je disais alors que ce jeu allait évoluer en même temps que les qualités physiques des joueurs qui permettront aux entraineurs d'imaginer des phases de jeu, que ce soit en attaque ou en défense. Je disais aussi que parmi toutes les qualités physiques, celle qui primait était la vitesse.
Hé bien aujourd'hui, les blacks nous ont montré comment la vitesse est décisive dans ce jeu : vitesse de course, de passe, de montée en défense, pour se porter en soutien, pour se replacer... Bravo, on était loin du compte, il y a encore du travail pour arriver à ce niveau, mais que c'est agréable de voir ce spectacle.
Ici, m'occuper de rugby reste un lointain objectif le jour où je considérerais avoir les moyens de faire évoluer une équipe de rugby à Bahia... à 15.

Quand je suis allongé sur la plage avec mon fils et ma femme, c'est "langouste", mais quand il faut "faire avec" les problèmes de santé tels que vu plus haut, c'est "feijao". Balance entre l'opulence et la pauvreté. Tout pour être bien sans tomber dans la lassitude. Bon aussi pour penser, se trouver.
TV 5 monde transmet une rubrique littéraire sous forme de présentation rapide et d'un dialogue journaliste-auteur.
Il y a quelques semaines a été présenté un livre dont le titre est un prénom masculin, celui du frère jumeau décédé accidentellement devant les yeux de l'auteur alors qu'ils étaient enfants.
L'auteur dont j'ai aussi perdu le nom a expliqué comment il craind désormais pour les gens qu'il aime.
Dans un premier temps j'ai été interpelé et ensuite, j'ai compris que j'étais comme ça, craignant sans cesse, forme de paranoia qui s'est installé dans ma vie. Quand une situation se dégrade, il m'est impossible de ne pas envisager le pire, et réflexion faite, ça pourrit une partie de ma vie.
Désormais, je me mets sous surveillance de ce coté là car j'ai bien identifié les sentiments qui me reviennent  dans ces moments et ils sont bien liés à ce que j'ai enduré lors du drame que je raconte dans "l'avortamour".

Nous sommes tous des numéros, c'est bien connu et, quelque part, c'est naturel. Alors, amis voyageurs de l'univers, enfants de la technicité, pères de la traçabilité, en voilà qui vous permettront de vous faire une idée sur... sur ce que vous voulez. Mais ça fait du bien de se faire une idée.
12°19' 23.42" S et 37°50'09.57"O
googleearth. A télécharger pour ceux qui ne l'ont pas et ensuite taper les coordonnées. Vous y verrez la paillote du beau-père.
Bon voyage.

Quand vous aurez terminé d'admirer cette plage immense, allez vous ballader quelques centaines de mètres vers le nord où vous trouverez la barraque de ma belle soeur Matilde, alias Tidinha. De là, suivant la route de terre vers l'intérieur environ sur trois kilomètres, visitez le village de Massarandupio et cherchez la "casa da fonte", la mienne à coté de laquelle n'apparaissent encore pas celles de deux autres  beaux-frères.
Suivez le guide.

à suivre

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